J'appartiens à une génération qui aime à se prétendre désenchantée, mais qui porte en elle le plus grand espoir du monde: à 15 ans, les plaines sont encore vierges et le mot impossible n'existe pas. Le champ est libre: nous avons une vie entière pour devenir des rock stars, faire le tour du monde en business class, devenir président, écouter Ave Maria en roulant à contre sens sur l'autoroute, manger des sushis au saumon rouge à Tokyo même s'ils sont pleins de mercure, fonder une famille, tuer quelqu'un, faire une overdose, divorcer 4 fois, sauter par la fenêtre en hurlant "Banzaï!". Ce n'est pas le coeur qui bat derrière la poitrine, c'est l'espoir. Les chemins se déroulent sous nos pas, s'entrecroisent, prennent des multitudes de directions différentes: tout ce que nous avons encore à vivre, à connaître, à aimer puis haïr, ce jardin des possibles suspendu dans la fumée noire de l'avenir, ces désillusions que nous n'avons pas encore, ces certitudes aussi dures et froides que la pierre. Chez les jeunes, le désespoir n'a qu'une vocation éphémère: car toute vie qui débute est exempte de fatalité. Tout est possible, tout est envisageable, même les plus belles utopies: ce qui est irréalisable aujourd'hui ne le sera plus demain, puisque le futur métamorphose tous les désirs en réalité. Fragiles mais forts, nous avons la possibilité de nous détruire à n'importe quel moment pour renaître de nos cendres. Nous ne croyons pas en nos rêves mais nous avons foi à l'avenir.
Trop de gens sont morts autour de moi ces derniers temps pour que je m'interdise de vivre à présent.
Apnëa
Ecoute Blue Steel _Brokencyde
VIEIILLE VIIEIILLE MES JLEIIME !!!!! [ X ]